Les créations de bijoux un langage

bijoux unique

Les créations de bijoux  » Sofia Marlon » ont,  de tout temps été liée à l’appartenance. L’appartenance à un clan, une famille illustre, une secte ou une croyance religieuse. Les hommes des cavernes déjà, façonnaient avec des os de loups ou de mammouths des emblèmes qui identifiaient leur clan. Ils portaient, en évidence, des bijoux qui permettaient de se reconnaitre et qui étaient aussi chargés de les protéger. Leur animal totem les suivait partout, ils faisaient ainsi acte d’allégeance pour être protégés par eux.

L’ours des cavernes, le lion des montagnes ou le loup des steppes étaient alors gravés sur des pierres polies ou de l’os, ces bijoux étaient des fétiches, des protections qui enfermaient la puissance du totem. Les chefs de clan avaient aux aussi des signes évidents de leur fonction et c’était principalement des ornements qui pouvaient s’assimiler à des bijoux, eux aussi chargés de toutes les croyances totémiques. Plus tard, les templiers ou les chevaliers teutoniques, porteront les croix chrétiennes qui affirmaient leur appartenance et ne laissaient aucun doute face à l’ennemi. Ces hommes, cruels et sauvages, s’élevaient au rang des meilleurs défenseurs de la cause du christ et cette affirmation semblait valider et entériner la violence dont ils faisaient preuve face aux « infidèles ». Leur croix était toutes identiques, par leur géométrie dans l’espace, mais là encore, le rang ou la fonction, transformait très vite l’objet en bijoux.

Les créations de bijoux étaient florissantes, pouvant facilement trouver comme matière première les métaux rares et les pierres précieuses, fruits des pillages des contrées traversées. Les rois de France et leur parentèle, de Saint Louis à Louis XVI, ne se sont pas privés de s’orner de bijoux qui affirmaient leur puissance et leur richesse. Les blasons, qui existaient déjà dans la nation celte ou romaine, mais avaient l’austérité altière d’un emblème de reconnaissance se transforment sous les Capets en objet précieux, en bijoux surchargés sensés frapper les esprits par sa richesse, synonyme de puissance non discutable. L’Eglise Chrétienne n’est pas en reste, ou plutôt l’église catholique, dont les fastes et les enluminures ne sont plus à décrire. Les cardinaux vacillaient sous le poids des chaines et des médailles, sans compter ses bagues et chevalières, que l’on se devait d’embrasser avec componction, comme si Dieu s’y trouvait enfermé.

Les créations de bijoux proliféraient avec enthousiasme faisant la richesse d’artisans farauds,  qui pliaient leur art aux caprices des grands de la royauté ou de l’église. Chaque guilde y allait aussi de son emblème de reconnaissance dont la richesse augmentait avec la fonction. La guilde des orfèvres se devait d’en faire montre et avec largesse, publicité avant l’heure de leur compétence et de leur production. Il n’était pas question que la guilde des tisserands rivalise sur le sujet, chacun ayant à exhiber les bijoux qui conviennent à leur condition et à la hiérarchie de fonctionnement de la cité. Et puis, on se passait sous le manteau, des bijoux et des sceaux, lorsque l’appartenance à une secte ou à un groupe nécessitait un secret de tous les instants. L’inquisition, de funeste mémoire, avait aussi ses signes de reconnaissance, dans le monde de paranoïa qu’elle avait crée. Seul les pauvres bougres qui tombaient dans leurs griffes et qui eux n’appartenaient pas, dans la majorité des cas,  à quoi que ce soit, ne semblaient pas avoir envie de signes de reconnaissance. A vrai dire c’est leur intelligence, leur lucidité visionnaire ou leur refus de l’ordre établi qui leur servait de ralliement.

On le voit les bijoux sont des langues vivantes, ils véhiculent l’image d’une époque, ils laissent des traces de passage, ils délivrent un message et beaucoup d’entre eux ont traversé les siècles, pour nous permettre d’y lire une histoire, une certaine histoire.

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